Ils rêvaient d’être libres

Poèmes qui tombent du jour

Je me loge un instant dans le cri des anciens

je chemine

avec eux 

j’inscris ma parole dans leurs pas

j’apprends à dire 

sans eux

qu’ils rêvaient d’être libres

certains mots se sont déchirés

ils ont glissé dans les crevasses du temps

géométriquement

ils ne veulent plus rien dire

ils se taisent 

lassés 

par la morne répétition du courant

la nuit venue

ils se balancent au bout de mon coeur

soliloquent marmonnent se languissent

sur un air entêtant mélangé au lointain

et je me sens parfois comme un drôle d’oisillon

bec ouvert à attendre tremblante

jusqu’à ce que le monde me pousse au dehors

qu’il me chasse de mon large confort

alors j’enfonce ma force dans ces lettres

liberté

je souffle sur elles comme sur des braises

parce que je veux qu’elles vivent

je veux qu’elles se répandent et par endroits m’échappent

les mots sont irréels quand ils sont séparés de nos bouches, de nos mains 

les mots sont irréels quand nos liens se défont

que me vaut d’être libre si tout est divisé ?

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