Parfois, j’aimerais me fondre dans le geste tendre d’un petit singe qui penche sa tête vers un coussin de feuilles tressées pour se blottir avant de s’endormir, seul et sans crainte
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Parfois, j’aimerais me fondre dans le geste tendre d’un petit singe qui penche sa tête vers un coussin de feuilles tressées pour se blottir avant de s’endormir, seul et sans crainte
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La langue pendante je meurs de soif
de toi
je cherche ton odeur parmi la chair les gestes
Ici, le bruit me coupe les pattes
les cris me serrent le coeur
je me sens comme un ventre plié dans tout ce froid
je cherche où tu es
Tu arrives enfin, tu embrasses ta femme, tes filles
elles te remarquent peu
elles regardent leurs écrans
je pose mes pattes sur toi
je me manifeste
mais tu ne me vois pas
tu parles une autre langue sans regard sans tendresse
je commence à trembler car tu ne me vois pas
et je connais la peur
pour la toute première fois
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Je me suis plantée là
sous le bras de la grange
haute comme trois pommes
l’oeil couvert de strass
un bâton à la main
ayant perçu le nid
dont je ne vois rien
Je cherche d’où tu viens
oiseau
je cherche d’où tu viens
Percé du choix d’un ange
l’abri s’effondre au sol
l’oeuf tombé à terre se casse
laisse dans l’inachevé
sa coquille
sarcophage
d’où plein tu apparais
d’où rien en toi ne nait
Démeurs
oiseau
démeurs
je t’en supplie
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Mon chat
ce matin tu as ramené un oiseau dans ta maison
il gisait
les yeux clos
raidi dans l’état incomplet de son dernier mouvement
serait-il possible que toi aussi oiseau
tu sois soumis à l’ordre imprévisible du chaos ?
qu’on puisse te ravir au ciel, à l’arbre, aux airs, aux rayons du soleil ?
à ton unique demeure ?
que tu aies toi aussi été surpris par la patience de ma bête ?
n’as-tu pas entendu mon perfide animal ?
aurais-tu l’ouïe moins fine parce que tu serais vieux ?
tiens, je n’aurais jamais imaginé qu’un oiseau puisse vieillir
Oiseau
serais-tu donc le seul
à te tenir là
devant ce champ de blé
chantant insouciant pour t’amuser à la tombée du jour
sourd à tous les tristes tours
et
qu’entre chien et loup
toi mon chat mon animal aimé mon tigre
tu aies tiré profit de ce moment précis
dans l’angle exact où tout s’oublie et devient vulnérable
et que
malgré les ailes
malgré le savoir des voltiges
malgré le bec armé
malgré la légèreté
tu aies saisi l’oiseau
tu aies frappé son coeur
tu aies bondi sur lui
tigre
et que, comme moi,
l’oiseau ait succombé à ses assauts ?
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Jeune tourterelle
ne sois pas effrayée par mon pas disgracieux, malhabile, imprécis
avec mes gros sabots, je fait fuir les affreux
avec ma hanche cassée, je ne sais que ramper
je tremble souvent aussi
je traîne mes échassiers sans me coordonner
vois comme je suis abrupt, moi le très bas, qui n’ai pas su passer près de toi sans tout désenchanter de l’ordre de ta beauté
je recule devant toi maintenant tout doucement et ton œil intrigué semble m’examiner
j’ai déjà disparu que tu m’as oublié
tu bois dans quelque creux d’une terre desséchée
je vois tes plumes bleuir dans la lumière feutrée
peut-être bien aussi que tu ne m’as point vu
que j’ai tout inventé car tu es la grâce et son secret
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