mes mots comme des vagues allant et revenant
imprimés sur du papier inflammable
saisis de l’encre noire de mon silence
le feu pouvant encore anéantir
ne plus trouver aucune trace de soi dans le monde ailleurs que chez celle qui nous cherche
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mes mots comme des vagues allant et revenant
imprimés sur du papier inflammable
saisis de l’encre noire de mon silence
le feu pouvant encore anéantir
ne plus trouver aucune trace de soi dans le monde ailleurs que chez celle qui nous cherche
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Comme le jour est lourd à cette heure
devant la maison close
on l’habille de musique, de sifflements, d’écrans multicolores
les machines parlent seules dans le silence sonore
les oiseaux dorment, eux
ils savent que l’heure est lourde,
que les hommes dorment encore
dans le midi du jour
ils savent qu’ils dorment seuls
d’un grand sommeil factice
ils savent
les remèdes du mal
entrés petit à petit
dissipés sous la langue qui pâtît
acre
incapable d’articuler
par milliers ils agissent dans la nuit
la lumière fait douleur à l’œil tâché éteint
plus rien n’espère revivre
on se languit de vivre
dans l’immobile été
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Ce que l’autre n’est plus on l’emporte avec soi
l’être de ma lettre étant mon être, maître, mettez là l’être
Je fus jadis un autre et je ne suis toujours qu’un ailleurs pour moi-même
et savez vous, le bonheur, je le laisse à ceux qui n’ont rien d’autre à espérer
Transitionaître, ou n’être qu’un peu, un peu entre-prise par ce réel qui me sidère
qui me demande d’être là, avec tout ce que je n’ai pas, avec tout ce que je ne sais pas
Leurre, c’est la question du temps qui m’in-dispose
mon estomac, un ulcère incertain
mon coeur, le socle de l’univers, son négatif qui s’assoupit sous la caresse
Puisse la main d’un homme générer l’indicible qu’est l’amour
l’amour pour celui qui s’absente et qui de cet effet, remplit l’espace en se clouant au sol
incarné dans la terre
Il n’y a rien à dire.
la parole se suspend
respirer devient étrangement une lutte
Tourmentez encore, je vous ris au nez
La danseuse a épousé le vent, le sol est mon air
Tomber ne m’atteint plus
je suis ce qui tombe
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Je passais l’autre fois près de vous, d’un oeil presque incertain, j’aperçus votre corps couché sur la poussière, recouvert d’un infime drapé de sable aurore, à peine pour réchauffer vos pieds nus d’autres voyages
Protégé sous ses plis, vous dormiez comme un homme, quelques denrées cachées vous gardaient dans la vie
Dans le couloir défait, je décalque à mon oeil un abri pour le lien
Ineffable présence où vous êtes appendu
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Mais qu’est ce que ce sarcophage, cette momie liquide et désapprivoisée ?
c’est un homme
il n’y a pas d’ombre à l’ouvrage pour qui se courbe à l’être
seul, le regard parfois ne peut rien arrimer, il passe et rien n’advient
je suis celui qui passe après
et tout réapparaît
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Tu allais, enjambant l’asphalte, fou de pas vers elle
scintillant comme l’oiseau, en corps brinquebalant de spasmes et de cheveux pressés
le soleil de fer long, planté comme un épouvantail dans la rue blanche de froid, rendait ton visage pourpre
en ta plastique légère, tu tenais ton angoisse sous la gorge, là, tapie tout près du cœur
encore, allant vers, étouffant ton squelette lourd de tes gestes étourdis, le regard fixe
où vas-tu ? t’attendent-ils quelque part ?
il est des flamands roses que j’ai connus jadis, échassiers merveilleux, leur présence élastique c’est la tienne aujourd’hui, que je cueille comme de l’or tombé de ta poitrine
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Elle arrive dans un râle qui saisit ma poitrine. Petite, maigre, les yeux enfouis sous un chapeau moderne, avec dessus les marques du capital inscrites comme des bannières obscènes. Les yeux devinés mais hors regard, enclos sous l’épaisse chevelure brune déposée en muraille sur ses épaules, des morceaux de boucles de fer ornent mal son visage.
Elle se dépose sans poids dans la cellule inhumée souterraine, le noir y est sonore, la lumière artificielle, elle demande une place dans un cri qui tord encore ma gorge, mon cœur alors est tombé dans un noeud qui demeure enserré. Il se souvient encore de ses mains tremblantes sur les genoux, de la forme de son corps, têtu dans sa clôture, de sa tête inclinée, baissée sur les trous innombrables de son habit sombre et cloué. Frêle, certainement affamée, elle est partie soudain dans l’odeur ineffable des jours mauvais. Où vas-tu ? Est ce que quelqu’un t’attend là-bas ?
Jeune femme toute vêtue de douleur, tu es passée ce jour là devant moi sans me reconnaître, je garde de toi, incisant l’ingénue que je m’étais permise à demeurer avant de te connaître, la morsure vive du réel.
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