Un cri qui ne cesse ni ne cède

Poèmes qui tombent du jour

Ce soir dans le déclin du jour nue les cheveux ébouriffés le corps dégrossi recouvert de peau rouge taillé en milliers de morceaux que mon désir retient

je sortirai

je sortirai

nue intranquille défardée le coeur tambour engorgée d’une peine non encore filtrée en marchant je la jetterai sur le chemin à côté des morsures sur la rosée des fleurs elle roulera dans le fossé

je traverserai la ville gaie anonyme on dira que je suis folle on dira que je suis hystérique on dira que je ne vais pas bien ou quoi comme ça à passer sans m’arrêter devant les yeux des vitrines où tout est possible accessible fin de séries de séries toujours plus monotones

d’où l’unique manque

sur mon chemin, je parlerai à des groupes d’hommes et de femmes, ils ne seront pas nus car il ne leur manquera rien certains m’écouteront quelques unes non pas toujours quelques uns pourront me répondre on me regardera avancer diminuer sur le pont disparaître

encore disparaître

et en courant

j’irai

oui

j’irai

j’irai dans un champ et je crierai je crierai sans discontinuer je crierai sans pleurer je crierai je crierai sans que mon cri ne cesse

il ne m’effraiera plus

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