Le passant

Aux invisibles passants eux seuls mon cœur voyant

Tu allais, enjambant l’asphalte, fou de pas vers elle

scintillant comme l’oiseau, en corps brinquebalant de spasmes et de cheveux pressés

le soleil de fer long, planté comme un épouvantail dans la rue blanche de froid, rendait ton visage pourpre

en ta plastique légère, tu tenais ton angoisse sous la gorge, là, tapie tout près du cœur

encore, allant vers, étouffant ton squelette lourd de tes gestes étourdis, le regard fixe

où vas-tu ? t’attendent-ils quelque part ?

il est des flamands roses que j’ai connus jadis, échassiers merveilleux, leur présence élastique c’est la tienne aujourd’hui, que je cueille comme de l’or tombé de ta poitrine

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